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Découvrez la grille des salaires en restauration 2026 : minima conventionnels HCR, niveaux, échelons et salaires applicables dans l’hôtellerie-restauration.

Gérer la paie dans le secteur de la restauration nécessite une bonne compréhension de la convention collective HCR(Hôtellerie-Cafés-Restaurants) qui fixe les salaires minimums selon les postes et l'expérience. En tant qu'expert-comptable, je vous propose un décryptage complet de la grille 2026 avec des exemples concrets pour vous aider à positionner correctement vos salariés et éviter les erreurs de calcul.
La convention collective HCR, qui porte le numéro IDCC 1979, s'applique à plus de 900 000 salariés en France dans les secteurs de l'hôtellerie, la restauration traditionnelle, les cafés-brasseries, et la restauration rapide. Elle régit non seulement les salaires, mais aussi les conditions de travail, les temps de repos, les congés payés et les modalités de rupture de contrat. Maîtriser cette grille salariale est donc un enjeu majeur pour tout restaurateur, qu'il soit à la tête d'un établissement indépendant ou d'une franchise.
La convention collective HCR organise les salaires selon deux critères principaux : le niveau de qualification (de I à V) et l'échelon d'ancienneté (de 1 à 3). Cette double classification permet d'ajuster la rémunération en fonction des responsabilités et de l'expérience acquise.
Cette structure pyramidale a été conçue pour créer une progression de carrière claire pour les salariés tout en permettant aux employeurs de distinguer les profils débutants des profils expérimentés. Contrairement à d'autres conventions collectives qui prévoient des augmentations automatiques à l'ancienneté, la progression d'échelon dans la HCR nécessite souvent une négociation ou une reconnaissance formelle de l'employeur.
Niveau I : Personnel d'exécution sans qualification particulière (plongeurs, employés de nettoyage, aides de cuisine)
Ce niveau concerne les postes ne nécessitant pas de formation préalable et pour lesquels l'apprentissage se fait directement sur le terrain. Un plongeur niveau I-1 peut ainsi débuter sans aucune expérience dans la restauration. L'évolution vers l'échelon 2 ou 3 se fait généralement après 6 à 12 mois d'ancienneté, en reconnaissance de l'efficacité acquise et de la maîtrise des routines de l'établissement.
Dans la pratique, de nombreux établissements ont du mal à recruter à ce niveau en raison de la pénibilité du poste et de la rémunération proche du SMIC. Il n'est pas rare de voir des primes d'embauche de 150 à 300 € proposées pour attirer des candidats, notamment dans les grandes métropoles.
Niveau II : Personnel qualifié ayant une formation ou une expérience significative (serveurs, commis de cuisine, barmen, réceptionnistes)
Le niveau II s'adresse aux professionnels ayant soit une formation spécifique (CAP, BEP cuisine ou service), soit une expérience significative dans le secteur. Un serveur niveau II-1 doit maîtriser les bases du service : prise de commande, connaissance des produits, port des assiettes, encaissement. L'échelon 2 est généralement accordé après une année d'exercice avec de bonnes évaluations, tandis que l'échelon 3 récompense un serveur particulièrement performant ou polyvalent.
Exemple concret : Marie, diplômée d'un CAP restaurant, a été embauchée directement au niveau II-1 dans une brasserie lyonnaise. Sans formation, elle aurait probablement commencé comme aide de salle niveau I-3 avant de progresser. Sa formation lui a permis de gagner 200 € bruts mensuels dès son embauche.
Niveau III : Personnel hautement qualifié ou avec responsabilités étendues (chefs de rang, demi-chefs de partie, cuisiniers confirmés, chefs de bar)
Le niveau III marque une rupture importante dans la grille : il s'agit de professionnels aguerris qui possèdent une expertise technique reconnue et/ou qui encadrent une petite équipe. Un chef de rang niveau III doit non seulement assurer un service impeccable, mais aussi superviser les serveurs, gérer les réclamations clients, et souvent participer au dressage des tables et à la mise en place.
En cuisine, un cuisinier niveau III-2 ou III-3 est capable de gérer une section en autonomie complète, de former les commis, et de proposer des améliorations aux recettes ou aux process. Cette montée en compétences justifie un écart salarial significatif : +300 à 400 € bruts mensuels par rapport au niveau II-3.
Niveau IV : Personnel d'encadrement intermédiaire (maîtres d'hôtel, seconds de cuisine, chefs de bar expérimentés, gouvernantes)
Le niveau IV correspond à des postes de management intermédiaire où la responsabilité porte non plus sur une section, mais sur l'ensemble d'un service. Un maître d'hôtel niveau IV-1 supervise toute la salle, gère les plannings des serveurs, assure la relation avec les clients VIP, et participe aux décisions d'organisation avec la direction.
En cuisine, le second de cuisine niveau IV prend la relève du chef pendant ses jours de repos, valide les commandes fournisseurs, et peut être amené à créer des plats du jour ou à adapter la carte selon les arrivages. Ces postes requièrent généralement 5 à 10 ans d'expérience dans le métier et un leadership naturel.
Point juridique important : Le passage du niveau III au niveau IV peut s'accompagner d'un changement de statut, certains établissements proposant un statut cadre pour les niveaux IV-3 et V, avec des implications en termes de forfait jours et d'organisation du temps de travail.
Niveau V : Cadres et personnel de direction (chefs de cuisine, directeurs de restaurant, chefs de réception, directeurs d'hébergement)
Le niveau V coiffe la hiérarchie et correspond aux postes stratégiques de l'établissement. Un chef de cuisine niveau V-1 a la responsabilité complète de la brigade, de l'élaboration de la carte, de la gestion budgétaire (coûts matières, masse salariale), et de la formation de l'équipe. Il est souvent l'interlocuteur direct du propriétaire ou du gérant sur tous les sujets liés à la production culinaire.
L'écart de rémunération au sein du niveau V est considérable : un niveau V-1 débute autour de 2 450 € bruts, tandis qu'un niveau V-3 peut atteindre 3 500 à 4 500 € bruts dans les établissements prestigieux, auxquels s'ajoutent souvent des primes sur résultats, intéressement, ou participation aux bénéfices.
Cas pratique : Thomas, chef de cuisine niveau V-2 dans un restaurant gastronomique à Bordeaux, perçoit un salaire de base de 3 200 € bruts, complété par une prime trimestrielle sur la marge brute de la cuisine (entre 300 et 800 € selon les trimestres) et une prime annuelle si l'établissement conserve sa distinction au guide Michelin (2 000 €). Son revenu annuel brut oscille ainsi entre 42 000 et 48 000 €.
L'échelon progresse généralement avec l'expérience dans le poste : l'échelon 1 correspond à un débutant, l'échelon 2 à un profil confirmé (1-3 ans d'expérience), et l'échelon 3 à un expert (plus de 3 ans).
Contrairement à la fonction publique où l'ancienneté déclenche automatiquement des augmentations, la progression d'échelon dans la HCR n'est pas automatique. Elle doit être négociée lors des entretiens annuels ou accordée par l'employeur en reconnaissance de la montée en compétences. Certains établissements ont néanmoins mis en place des grilles internes de progression automatique pour fidéliser leurs équipes.
Durée indicative pour passer d'un échelon à l'autre :
Il est important de noter que l'échelon est attaché au niveau, pas au salarié. Ainsi, une promotion de niveau II à niveau III repart généralement à l'échelon 1 du nouveau niveau, sauf négociation contraire. Par exemple, un serveur niveau II-3 qui devient chef de rang niveau III repartira à l'échelon 1 du niveau III, sauf s'il négocie un maintien d'échelon (III-2 ou III-3) en valorisant son ancienneté.
Astuce pour les employeurs : Mettre en place une grille de compétences claire avec des critères objectifs (autonomie, polyvalence, formation de nouveaux, gestion des conflits, maîtrise technique) permet de justifier les passages d'échelon et de créer une transparence appréciée des équipes.
Voici les taux horaires nets en vigueur pour le troisième trimestre 2025, qui servent de référence pour calculer les rémunérations :
Ces montants sont calculés sur une base de 39 heures hebdomadaires, qui constitue la durée de référence dans la restauration (35 heures + 4 heures supplémentaires majorées de 10%).
Important à comprendre : Ces taux horaires nets sont des estimations basées sur une conversion standard du brut. Dans la réalité, le net perçu par le salarié peut légèrement varier selon :
Lecture du tableau : Un serveur niveau II-1 perçoit un salaire horaire net d'environ 12,00 €, soit pour 169 heures mensuelles (39h × 52 semaines / 12 mois), un salaire mensuel net d'environ 2 028 € avant prélèvement à la source. Attention : ce calcul ne tient pas compte de la majoration de 10% sur les heures 36 à 39, qui vient s'ajouter.
Variation selon la durée du travail : Ces taux s'appliquent pour un temps complet de 39h. Pour un temps partiel, le taux horaire reste identique, mais le salaire mensuel est évidemment prorata temporis. Un serveur à 25h/semaine niveau II-1 gagnera donc : 108h × 12,00 € = 1 296 € nets mensuels (hors indemnités).
Comparaison avec d'autres secteurs : À titre de comparaison, un serveur niveau II-1 en restauration gagne environ 12,00 € nets/heure, tandis qu'un employé de commerce niveau échelon 1 gagne autour de 11,50 € nets/heure, et un ouvrier qualifié du bâtiment environ 13,50 € nets/heure. La restauration se situe donc dans une fourchette médiane, avec la particularité des pourboires qui viennent compléter la rémunération de base.
Pour faciliter vos calculs de paie, voici les salaires bruts mensuels correspondants, actualisés pour 2026 dans la région Grand Est :
Attention : depuis janvier 2026, le SMIC légal à 12,02 € brut/heure s'impose pour les postes niveau I-1, rendant le minimum HCR de 12,00 € obsolète. Vous devez appliquer le taux le plus favorable au salarié.
Ces salaires bruts constituent le minimum conventionnel obligatoire, en dessous duquel un employeur ne peut pas rémunérer un salarié à qualification équivalente. Ils servent de base pour tous les calculs : heures supplémentaires, indemnités de licenciement, indemnités de précarité, primes proportionnelles au salaire de base, etc.
Méthode de calcul du brut mensuel : Le salaire brut mensuel est calculé en multipliant le taux horaire brut par le nombre d'heures mensuelles moyen. Pour un temps complet de 39h/semaine, cela donne : 39h × 52 semaines / 12 mois = 169 heures mensuelles. Donc pour un niveau I-1 : 169h × 12,00 € = 2 028 € bruts. Cependant, les grilles affichent parfois des montants légèrement différents car elles intègrent déjà la majoration de 10% sur les heures 36 à 39.
Variations régionales : Les salaires indiqués sont des minima nationaux, mais certaines régions ont négocié des accords territoriaux plus favorables :
Point juridique : Si un accord d'entreprise ou un usage constant dans l'établissement prévoit des salaires supérieurs aux minima HCR, c'est cet accord ou cet usage qui s'applique en vertu du principe de faveur. Un employeur ne peut pas revenir unilatéralement à la grille conventionnelle s'il payait habituellement plus.
Grille complète étendue :
Calcul du net à partir du brut : Pour obtenir le salaire net approximatif, il faut retrancher environ 22 à 25% de charges salariales du brut. Ainsi :
Le taux de conversion exact dépend de plusieurs facteurs : tranche de salaire (les hauts salaires ont un taux de cotisation légèrement supérieur), complémentaire santé, taux de cotisation retraite complémentaire de l'établissement.
Pour un serveur débutant classé niveau II échelon 1, le calcul est le suivant :
À ce montant de base s'ajoutent généralement :
Exemple concret : Un serveur dans un restaurant traditionnel à Lyon, niveau II-1, perçoit 1 480 € nets de base + 90 € d'indemnités repas + 300 € de pourboires redistribués = 1 870 € nets mensuels au total.
Détail du calcul des charges sociales pour un serveur niveau II-1 :
Sur un brut de 1 913 €, les cotisations salariales se décomposent ainsi :
Sécurité sociale - Maladie : 0 € (supprimée depuis 2018)
CSG déductible : 6,8% × 1 913 € = 130,08 €
CSG non déductible : 2,4% × 1 913 € = 45,91 €
CRDS : 0,5% × 1 913 € = 9,57 €
Assurance vieillesse plafonnée : 6,90% × 1 913 € = 132,00 €
Assurance vieillesse déplafonnée : 0,40% × 1 913 € = 7,65 €
Retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO) : 4,01% × 1 913 € = 76,73 €
Contribution d'équilibre général (CEG) : 0,86% × 1 913 € = 16,45 €
Assurance chômage : 0 € (uniquement part patronale)
Prévoyance/Mutuelle : environ 30 à 50 € selon le contrat de l'établissement
Total des charges salariales : 448,39 € à 468,39 € selon la mutuelle
Salaire net avant prélèvement à la source : 1 913 € - 450 € = 1 463 €
Salaire net après prélèvement à la source : Dépend du taux personnalisé du salarié (entre 0 et 10% généralement pour ce niveau de revenu), soit entre 1 316 et 1 463 € nets versés sur le compte bancaire.
Décomposition du revenu total mensuel :
Si l'on prend l'exemple de Julie, serveuse niveau II-1 dans une brasserie parisienne :
Revenu total mensuel : 1 463 + 92,84 + 380 + 42,50 + 16 = 1 994,34 € nets perçus chaque mois.
Ce montant est 36% supérieur au salaire de base seul, illustrant l'importance des compléments de rémunération dans le secteur de la restauration. C'est également ce qui explique pourquoi les serveurs en zone touristique ou dans des établissements haut de gamme acceptent des salaires de base modestes : les pourboires peuvent représenter 20 à 40% du revenu total.
Évolution après 2 ans : Si Julie passe niveau II-2 après 18 mois de bons résultats :
Puis après 4 ans, si elle atteint le niveau II-3 :
Comparaison avec d'autres métiers à qualification équivalente :
On constate que le serveur, une fois les pourboires et indemnités inclus, se situe dans la fourchette haute des métiers à CAP, avec une rémunération totale compétitive autour de 2 000 € nets mensuels.
Le plongeur est généralement classé au niveau I, avec un salaire qui varie selon l'échelon :
Ces montants incluent les 4 heures supplémentaires hebdomadaires majorées et l'indemnité repas. Dans la pratique, un plongeur à Paris ou en zone tendue perçoit souvent 100 à 200 € de plus que ces minima conventionnels pour attirer et fidéliser le personnel.
Décomposition complète pour un plongeur niveau I-1 :
Salaire brut de base : 1 865 € (application du SMIC légal, supérieur au minimum HCR)
Heures supplémentaires intégrées : Les 4h de 36 à 39h sont déjà majorées à 10% dans le calcul de base
Charges salariales (environ 23%) : 429 €
Salaire net de base : 1 436 €
Indemnité repas : 20 jours × 4,22 € = 84,40 €
Prime de pénibilité (dans certains établissements) : 50 à 80 €
Salaire total net : 1 570 à 1 600 € selon les primes
Réalité du métier de plongeur : La fonction de plongeur est l'une des plus pénibles de la restauration. Elle implique :
Ces contraintes expliquent le turn-over très élevé sur ce poste (taux de rotation de 80 à 120% par an dans certains établissements), et la nécessité pour les employeurs de proposer des conditions plus attractives que les minima conventionnels.
Stratégies de rémunération employées par les restaurateurs :
Exemple concret : Restaurant "Le Comptoir" à Marseille
Marc, plongeur niveau I-1 depuis 8 mois, bénéficie de :
Total mensuel : 1 774 € nets
Ce montant, supérieur de 238 € au minimum conventionnel, permet à l'établissement de fidéliser Marc, qui envisage maintenant une formation de commis de cuisine pour évoluer vers le niveau II dans les 12 prochains mois.
Évolution de carrière possible pour un plongeur :
Après 1 à 2 ans d'expérience, plusieurs parcours s'offrent :
Comparaison avec la restauration collective : Un plongeur en restauration collective (cantine scolaire, hôpital) perçoit généralement un salaire similaire (1 540 à 1 650 € nets) mais avec des avantages importants :
Certains plongeurs font donc le choix de la restauration collective pour des raisons de qualité de vie, malgré des pourboires inexistants et une rémunération totale parfois inférieure de 100 à 200 € mensuels.
Le commis de cuisine relève du niveau II, avec une fourchette de rémunération nette entre 1 700 et 1 950 € mensuelsselon son échelon :
Commis niveau II-1 (débutant) : 1 700 € nets Commis niveau II-2 (1 an d'expérience) : 1 800 € nets Commis niveau II-3 (confirmé) : 1 950 € nets
Après 2 à 3 ans, le commis peut évoluer vers un poste de demi-chef de partie (niveau III-1) avec un salaire de 2 050 €nets, puis chef de partie (III-2 ou III-3) jusqu'à 2 150 € nets.
Parcours type : Lucas, commis dans une brasserie à Bordeaux, a commencé à 1 720 € nets. Après 18 mois, il est passé échelon 2 (1 820 € nets). Deux ans plus tard, promu demi-chef de partie niveau III-1, il atteint 2 100 € nets.
Rôle et responsabilités du commis de cuisine :
Le commis de cuisine est le premier échelon de la hiérarchie en cuisine. Ses missions incluent :
Différence commis avec CAP vs commis sans diplôme :
Un commis titulaire d'un CAP Cuisine est généralement embauché directement au niveau II-1 avec le salaire correspondant (1 913 € bruts). Un commis sans diplôme peut démarrer en tant qu'aide de cuisine au niveau I-3 (1 885 € bruts) pendant 6 à 12 mois, avant de monter au niveau II-1 une fois les bases acquises. Cette différence représente un écart de 28 € bruts mensuels au démarrage, soit environ 22 € nets.
Détail du salaire brut et net pour chaque échelon :
Progression de carrière d'un commis de cuisine sur 10 ans :
Année 1 : Commis niveau II-1 → 1 558 € nets total Année 2 : Commis niveau II-2 → 1 590 € nets total Année 3-4 : Commis niveau II-3 → 1 665 € nets total Année 5 : Demi-chef de partie niveau III-1 → 1 730 € nets + 100 € prime responsabilité = 1 830 € Année 6-7 : Chef de partie niveau III-2 → 1 760 € nets + 150 € prime = 1 910 € Année 8-10: Chef de partie senior niveau III-3 → 1 820 € nets + 200 € prime = 2 020 €
Cette progression représente une augmentation de 462 € nets mensuels en 10 ans, soit +29,6%. Si l'on ajoute l'inflation (environ 2% par an), les revalorisations conventionnelles, et les primes de responsabilité croissantes, un commis qui débute à 22 ans peut espérer atteindre 2 200 à 2 500 € nets mensuels à 32 ans en tant que chef de partie confirmé.
Exemple complet : Trajectoire de Mathieu, commis devenu chef de partie :
2016 - Embauche à 22 ans : Commis II-1 dans une brasserie à Nantes
2018 - Passage échelon 2 : Commis II-2 après de bons retours
2020 - Promotion demi-chef de partie : Niveau III-1
2022 - Chef de partie : Niveau III-2
2025 - Chef de partie senior : Niveau III-3
2026 - Candidat second de cuisine : Négocie un passage niveau IV-1 dans un nouvel établissement
En 10 ans, Mathieu aura augmenté son revenu de 48,6% grâce à sa progression d'échelon, ses changements d'établissement, et ses montées en compétences. Ce parcours est représentatif d'un commis motivé dans le secteur.
Alternatives à la progression classique :
Certains commis choisissent des parcours différents :
Conseils pour négocier son salaire en tant que commis :
Ces postes à responsabilités se situent aux niveaux III et IV de la grille HCR :
Maître d'hôtel (Niveau IV-V)
Point important : la différence entre brut et net représente environ 20 à 25% de charges sociales salariales. Pour un chef de rang à 2 076 € bruts, le net est d'environ 1 650 €, soit un taux de conversion de 79,5%.
Dans un établissement gastronomique, ces salaires de base sont souvent complétés par une part variable sur le service (5 à 15% du CA de la salle) et des pourboires conséquents, portant le revenu réel à 2 200-2 800 € nets mensuels.
Distinction entre chef de rang et maître d'hôtel :
Chef de rang (niveau III) :
Maître d'hôtel (niveau IV-V) :
Exemple de rémunération complète :
Sophie, chef de rang niveau III-2 dans un restaurant gastronomique à Strasbourg :
Revenu mensuel total : 1 680 + 150 + 93 + 280 + 450 + 140 = 2 793 € nets
Ce revenu est 66% supérieur au salaire de base seul, démontrant l'importance capitale des compléments de rémunération dans les postes de salle en gastronomie.
Jean-Marc, maître d'hôtel niveau V-1 dans un restaurant 1 étoile Michelin à Lyon :
Revenu mensuel total : 2 120 + 300 + 95 + 520 + 600 + 250 + 180 = 4 065 € nets
Avec un revenu approchant les 4 000 € nets mensuels, Jean-Marc illustre le potentiel salarial d'un maître d'hôtel expérimenté dans la haute gastronomie. Son salaire de base ne représente que 52% de sa rémunération totale.
Compétences requises pour ces postes :
Chef de rang :
Maître d'hôtel :
Formation et parcours pour accéder à ces postes :
Parcours classique vers chef de rang (6-8 ans) :
Parcours vers maître d'hôtel (10-15 ans) :
Variantes rapides :
Mobilité géographique et salariale :
Les chefs de rang et maîtres d'hôtel expérimentés sont très recherchés et peuvent négocier des conditions avantageuses en changeant d'établissement :
Un maître d'hôtel acceptant une mobilité en Suisse (Genève, Lausanne, Zurich) peut voir sa rémunération doubler par rapport à la France, avec des salaires nets de 5 500 à 7 500 € mensuels dans les établissements de prestige.
Le chef de partie est classé au niveau III de la convention HCR, avec des salaires qui varient peu entre échelons pour ce poste :
Cette rémunération peut sembler modeste, mais elle s'accompagne généralement de :
Réalité du terrain : Dans une cuisine de brasserie parisienne, un chef de partie confirmé (III-3) touche un salaire de base net de 1 530 €, auquel s'ajoutent 150 € de prime de responsabilité et 90 € d'indemnités repas, soit 1 770 € nets mensuels.
Les chefs de partie expérimentés négocient souvent un passage au niveau IV (second de cuisine) pour atteindre 2 000 à 2 200 € nets, voire au niveau V (chef de cuisine) pour 2 500 à 3 500 € selon la taille de l'établissement.
Précision importante sur la classification des chefs de partie :
Il existe une certaine confusion dans le secteur car la dénomination "chef de partie" peut recouvrir des réalités différentes selon la taille et le type d'établissement :
Petit établissement (10-30 couverts) :
Établissement moyen (40-80 couverts) :
Grand établissement ou gastronomique (100+ couverts) :
Décomposition du salaire d'un chef de partie niveau III-3 :
Salaire brut mensuel : 2 180 €
Cotisations salariales :
Total charges : 521,77 €
Salaire net : 2 180 € - 522 € = 1 658 €
Ajout des compléments :
Rémunération totale : 1 658 + 93 + 180 + 60 = 1 991 € nets mensuels
Responsabilités d'un chef de partie :
Le chef de partie gère une section complète de la cuisine et a des responsabilités importantes :
Exemple concret : Une journée type de Valérie, chef de partie poissons :
9h00 : Arrivée, vérification de la livraison de poissons frais, contrôle qualité 9h30 : Briefing avec le chef de cuisine sur les plats du jour, les ruptures éventuelles 10h00 : Mise en place : levée des filets, préparation des fonds de sauce, découpe des légumes d'accompagnement 11h30 : Formation d'un nouveau commis sur la technique de cuisson du bar12h00-14h30 : Service du midi (40 couverts), gestion de la section poissons avec 1 commis 14h30 : Nettoyage du poste, rangement 15h00-17h00 : Coupure (repas, repos) 17h00 : Retour, préparation pour le service du soir 18h30 : Mise en place finale 19h00-23h00 : Service du soir (65 couverts) 23h00-23h30 : Nettoyage, fermeture du poste, briefing de fin de service
Total : 12h30 de présence avec 2h de coupure = 10h30 de travail effectif
Évolution de carrière après chef de partie :
Plusieurs options s'offrent à un chef de partie expérimenté :
Option 1 : Second de cuisine (niveau IV-1 à IV-2)
Option 2 : Chef de cuisine petit établissement (niveau V-1)
Option 3 : Spécialisation (niveau III-3 à IV-1)
Option 4 : Changement de secteur
Témoignage : Arnaud, chef de partie depuis 7 ans :
"J'ai démarré comme commis à 21 ans. À 25 ans, j'étais chef de partie dans une brasserie à Toulouse. Aujourd'hui à 28 ans, je suis chef de partie senior dans un restaurant gastronomique. Mon salaire de base est de 1 820 € nets, mais avec les primes (200 €), les heures sup (150 € en moyenne), et l'indemnité repas (90 €), j'arrive à 2 260 € nets mensuels. Mon objectif est de passer second de cuisine d'ici 2 ans, ce qui me ferait passer à 2 400-2 500 € nets. Le métier est dur, les horaires sont prenants (55h par semaine), mais la passion et la reconnaissance dans une bonne maison compensent. Le salaire n'est pas mirobolant, mais il faut ajouter qu'on ne paie ni notre bouffe, ni notre tenue, et qu'on apprend un métier d'excellence."
Depuis janvier 2026, le SMIC légal est fixé à 12,02 € brut/heure, soit environ 1 865 € bruts mensuels pour 39 heures hebdomadaires. Cette revalorisation crée une tension avec la grille HCR, car certains taux conventionnels sont désormais inférieurs au minimum légal.
Conséquence pratique : Pour un plongeur niveau I-1, vous devez obligatoirement payer au minimum le SMIC légal (12,02 € bruts), et non le taux conventionnel HCR de 12,00 €. Cela représente un gain de 0,02 € par heure pour le salarié, soit environ 3 € bruts mensuels supplémentaires.
Les partenaires sociaux de la branche HCR ont annoncé une revalorisation de la grille pour restaurer son attractivité face au turn-over élevé du secteur (plus de 60% de rotation annuelle). Les discussions portent sur une hausse de **2 à 3%**des minima conventionnels pour 2026.
Historique des revalorisations du SMIC et impact HCR :
Au fil des années, l'écart entre le SMIC légal et les premiers échelons de la grille HCR s'est progressivement réduit :
2020 : SMIC à 10,15 € bruts/h - Niveau I-1 HCR à 10,25 € → Écart de +0,10 € 2022 : SMIC à 11,07 € bruts/h - Niveau I-1 HCR à 11,15 € → Écart de +0,08 € 2024 : SMIC à 11,65 € bruts/h - Niveau I-1 HCR à 11,75 € → Écart de +0,10 € 2026 : SMIC à 12,02 € bruts/h - Niveau I-1 HCR à 12,00 € → Écart négatif de -0,02 €
C'est la première fois depuis la création de la convention collective HCR moderne (années 1990) que le SMIC dépasse le premier échelon de la grille. Cette situation est symptomatique d'une perte d'attractivité de la convention collective, qui peine à suivre l'évolution du coût de la vie.
Positions des syndicats :
CGT et CGT-FO : Demandent une revalorisation de 5 à 7% de toute la grille pour restaurer des écarts significatifs avec le SMIC et reconnaître la pénibilité du secteur. Ils réclament également un passage du niveau I-1 à 12,50 € bruts/heure minimum.
CFDT : Propose une augmentation progressive de 3% en 2026, puis 2,5% en 2027, avec une clause de rendez-vous annuel pour ajuster selon l'inflation.
CFTC : Suggère une approche différenciée avec des augmentations plus fortes sur les niveaux I et II (+4%) pour attirer les débutants, et des augmentations moindres sur les niveaux IV et V (+2%).
Position du patronat (UMIH, GNI, Synhorcat) :
Les organisations patronales plaident pour la modération en raison de :
Elles proposent une augmentation de 1,5 à 2% de la grille, compensée par des efforts sur la formation professionnelle et l'amélioration des conditions de travail (limitation des coupures, meilleure prévisibilité des plannings).
Simulation de l'impact d'une revalorisation de +3% :
Pour un restaurateur employant 10 salariés à temps complet répartis sur ces niveaux, une revalorisation de 3% représenterait un surcoût de masse salariale brute d'environ 7 200 € annuels (600 € par mois), auxquels s'ajoutent les charges patronales (42%), soit un coût total de 10 224 € annuels (+852 € par mois).
Calendrier prévisionnel des négociations :
Février 2026 : Première réunion de négociation, présentation des positions Mars-Avril 2026 : Échanges et contre-propositions Mai 2026 : Recherche d'un compromis Juin 2026 : Signature d'un accord ou constat de désaccord Juillet 2026 : Entrée en vigueur de la nouvelle grille (si accord)
Si aucun accord n'est trouvé, le Ministère du Travail peut intervenir pour étendre une grille minimale ou demander aux partenaires sociaux de poursuivre les négociations.
Impact pour les salariés en poste :
Un salarié embauché en janvier 2026 au niveau I-1 sur la base du SMIC (12,02 € bruts/h) pourrait bénéficier :
En 12 mois, ce salarié aura vu son salaire augmenter de +85 € bruts (+4,6%), sans changement d'échelon ni de poste, grâce aux seules revalorisations réglementaires et conventionnelles.
Recommandation pour les employeurs :
Anticipez dès maintenant une hausse de 2 à 4% de la masse salariale pour l'année 2026. Intégrez cette projection dans vos budgets prévisionnels et vos prix de vente. Une augmentation de 3% de la grille, répercutée à 100% sur la masse salariale (charges comprises), nécessitera en moyenne une augmentation de 1,2 à 1,5% de vos prix TTC pour maintenir votre marge, selon votre ratio de masse salariale sur chiffre d'affaires.
Le taux de conversion brut-net dans la restauration se situe généralement entre 75 et 80%, en fonction des cotisations sociales applicables.
Salaire brut mensuel : 1 913 €
Charges salariales (environ 22%) :
Total des charges : environ 402 €
Salaire net avant impôt : 1 913 € - 402 € = 1 511 € nets
Taux de conversion : 1 511 / 1 913 = 79%
À cela s'ajoutent les éléments de rémunération accessoires :
Revenu total : 1 511 + 84 + 250 = 1 845 € nets mensuels
Décomposition détaillée de la fiche de paie :
Pour bien comprendre le passage du brut au net, voici une fiche de paie type décortiquée :
ÉLÉMENTS DE RÉMUNÉRATION BRUTE
Salaire de base (169h × 12,28 €) : 2 075,32 € Heures supplémentaires 36-39h (majoration 10%) : 21,34 € SALAIRE BRUT : 2 096,66 €
COTISATIONS SALARIALES
Sécurité sociale - Maladie : 0,00 € (0%) Sécurité sociale - Vieillesse plafonnée : 144,67 € (6,90%) Sécurité sociale - Vieillesse déplafonnée : 8,39 € (0,40%) CSG déductible : 142,57 € (6,80%) CSG/CRDS non déductible : 60,80 € (2,9%) Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO : 84,08 € (4,01%) Contribution d'équilibre général (CEG) : 18,03 € (0,86%) Prévoyance (mutuelle entreprise) : 40,00 € (forfait) TOTAL COTISATIONS : 498,54 €
SALAIRE NET AVANT IMPÔT : 2 096,66 € - 498,54 € = 1 598,12 €
NET IMPOSABLE : 1 598,12 € + 18,75 € (CSG non déductible partielle) = 1 616,87 €
PRÉLÈVEMENT À LA SOURCE (taux personnalisé 2,5%) : 40,42 €
SALAIRE NET À PAYER : 1 598,12 € - 40,42 € = 1 557,70 €
AUTRES ÉLÉMENTS
Indemnité de repas (exonérée) : 84,40 € Pourboires redistribués (taxés séparément via TESE) : 250,00 €
TOTAL PERÇU SUR LE COMPTE : 1 557,70 + 84,40 + 250 = 1 892,10 €
Analyse des charges patronales (non visibles par le salarié) :
Sur ce même salaire brut de 2 096,66 €, l'employeur paie également des charges patronales :
Sécurité sociale - Maladie : 272,57 € (13%) Allocations familiales : 73,38 € (3,5%) Accidents du travail : 31,45 € (1,5% selon le risque) Vieillesse plafonnée : 177,76 € (8,48%) Vieillesse déplafonnée : 37,74 € (1,8%) Retraite complémentaire : 126,00 € (6,01%) APEC (si cadre) : 0 € Chômage : 86,47 € (4,12%) AGS : 3,36 € (0,16%) Contribution solidarité autonomie : 6,29 € (0,3%) Taxe d'apprentissage : 14,26 € (0,68%) Formation professionnelle : 21,99 € (1,05%) Prévoyance patronale : 60,00 € TOTAL CHARGES PATRONALES : 911,27 € (43,5% du brut)
COÛT TOTAL POUR L'EMPLOYEUR : 2 096,66 + 911,27 = 3 007,93 €
Ainsi, pour 1 598 € nets perçus par le salarié, l'employeur débourse 3 008 €, soit un ratio de 1,88. Chaque euro net reçu par le serveur coûte 1,88 € à l'employeur.
Évolution du taux de charges selon le niveau de salaire :
Plus le salaire augmente, plus le taux global de charges (salariales + patronales) augmente légèrement en raison du déplafonnement :
Comparaison internationale :
Le taux de charges sociales en France est parmi les plus élevés d'Europe :
Cette différence explique en partie pourquoi les salaires bruts français peuvent sembler élevés en comparaison européenne, alors que les nets sont souvent comparables voire inférieurs. En contrepartie, le système français offre une protection sociale étendue (santé, retraite, chômage).
Astuces pour optimiser la rémunération nette :
Un salarié percevant 1 598 € nets peut ainsi bénéficier de 200 à 400 € supplémentaires par mois en équivalent pouvoir d'achat grâce à ces dispositifs, sans coût additionnel prohibitif pour l'employeur.
Dans la restauration, le calcul des heures supplémentaires suit un régime spécifique qui combine la convention collective HCR et les dispositions légales :
Les 4 premières heures au-delà de 35h sont majorées à +10% (et non +25% comme dans le droit commun). Ce régime dérogatoire est intégré dans les grilles de salaires HCR.
Exemple : Pour un serveur à 12,28 € bruts/heure (niveau II-1) :
À partir de la 40e heure, les majorations légales s'appliquent :
Pour un serveur niveau II-1 (12,28 € bruts) :
Total hebdomadaire : 582,08 € bruts Total mensuel (sur 4,33 semaines) : 2 520 € bruts, soit environ 2 000 € nets
Point de vigilance : Les heures supplémentaires augmentent significativement le coût salarial pour l'employeur (avec les charges patronales de 42%), d'où l'intérêt d'optimiser les plannings et d'envisager des embauches complémentaires plutôt que de multiplier les heures sup.
Dispositifs spécifiques HCR pour les heures supplémentaires :
Contingent annuel d'heures supplémentaires : La convention HCR fixe un contingent de 360 heures supplémentaires par an au-delà duquel l'employeur doit solliciter l'avis du CSE (ou des délégués du personnel dans les petites structures).
Contrepartie obligatoire en repos (COR) : À partir de la 44e heure ou au-delà du contingent annuel, chaque heure supplémentaire donne droit à une contrepartie obligatoire en repos de 50% (soit 30 minutes de repos pour chaque heure sup effectuée dans ces conditions). Ce repos doit être pris par journées ou demi-journées dans un délai de 6 mois.
Exemple : Julie travaille 48h sur une semaine exceptionnelle (mariage dans le restaurant).
Rachat des heures supplémentaires : Certains établissements proposent de "racheter" les heures supplémentaires en les payant directement plutôt qu'en accordant des repos compensateurs, notamment lors des périodes d'activité intense. Le taux de rachat est alors celui de l'heure supplémentaire majorée (25% ou 50%).
Calcul sur l'année pour un serveur à 45h/semaine constantes :
Prenons l'exemple d'un serveur niveau II-1 qui travaille systématiquement 45h par semaine (situation fréquente en saison touristique) :
Base hebdomadaire :
Sur l'année :
Ce serveur effectue 520 heures supplémentaires par an :
Les heures supplémentaires représentent 21% de sa rémunération de base et ont généré un surcoût pour l'employeur (charges comprises) de +4 550 € annuels par rapport à un temps complet classique de 35h.
Alternative : Embauche d'un salarié supplémentaire :
Au lieu de faire travailler un serveur 45h/semaine, l'employeur pourrait :
Comparé à un seul serveur à 45h :
Paradoxalement, faire travailler un seul serveur 45h/semaine coûte moins cher (455 € par mois) que d'embaucher deux personnes, malgré les heures supplémentaires majorées. Cela s'explique par les coûts fixes : frais de gestion RH, formation, équipements, risque d'absentéisme doublé.
C'est pourquoi de nombreux établissements préfèrent allonger les horaires des salariés en place plutôt que multiplier les embauches, jusqu'à un seuil où la qualité de vie au travail et les risques psychosociaux deviennent problématiques.
Réglementation sur le temps de repos :
La loi impose des temps de repos minimums :
En restauration, des dérogations conventionnelles permettent :
Un serveur peut donc théoriquement travailler de 11h à 15h (4h) puis de 18h à 01h (7h), soit une amplitude de 14h avec 11h de travail effectif et 3h de coupure.
Conseil pour les salariés :
Si votre employeur vous demande régulièrement de faire des heures supplémentaires au-delà de 39h :
Conseil pour les employeurs :
L'optimisation des heures supplémentaires est un levier de compétitivité, mais attention à :
Voici un modèle type de fiche de paie pour un serveur à temps complet, niveau II échelon 1, en 2026 :
Salaire de base
Indemnité de repas
Heures supplémentaires (36-39h)
Salaire brut total : 2 181,06 €
Cotisations salariales
Total charges salariales : 490,96 €
Salaire net à payer : 1 690,10 €
Salaire net imposable (réintégration CSG non déductible) : 1 735 €
Les disparités géographiques influencent les salaires réels :
En Occitanie : Un serveur niveau II-1 perçoit souvent 1 750 à 1 850 € nets (prime de zone touristique)
En Île-de-France : Les salaires dépassent de 15 à 25% les minima (1 900 à 2 100 € nets pour un niveau II-1)
En zone rurale : Les salaires restent proches des minima conventionnels (1 650 à 1 700 € nets)
Fiche de paie commentée détaillée :
ÉTABLISSEMENT : Brasserie Le Central - SIRET 123 456 789 00012 SALARIÉ : MARTIN Paul - Serveur - Convention HCR - Niveau II Échelon 1 PÉRIODE : Janvier 2026 - 22 jours travaillés
=== RÉMUNÉRATION BRUTE ===
Salaire de base (151,67h × 12,28€) 1 862,51 € Heures à 110% (17,33h × 13,51€) 234,17 € Prime de dimanche (3 dim. × 10€) 30,00 € Prime d'ancienneté (1 an - 2%) 37,25 € ────────────── TOTAL BRUT 2 163,93 €
=== COTISATIONS SALARIALES ===
CSG déductible (6,8%) 147,15 € CSG non déductible (2,4%) 51,94 € CRDS (0,5%) 10,82 € Assurance vieillesse (6,90%) 149,31 € Vieillesse déplafonnée (0,40%) 8,66 € Retraite complémentaire (4,01%) 86,77 € CEG (0,86%) 18,61 € Mutuelle entreprise 45,00 € ────────────── TOTAL COTISATIONS 518,26 €
NET AVANT IMPÔT 1 645,67 €
Prélèvement à la source (3,2%) 52,66 €
NET À PAYER 1 592,01 €
=== ÉLÉMENTS EXONÉRÉS ===
Indemnité repas (22 jours × 4,22€) 92,84 € Prime transport (50% Navigo) 42,50 €
=== VERSEMENT EMPLOYEUR ===
NET + Exonérés 1 727,35 €
=== INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES ===
Pourboires du mois (redistribués TESE) 284,00 € REVENU TOTAL PERÇU 2 011,35 €
Heures travaillées : 169h (dont 17,33h majorées) Congés payés acquis : 2,08 jours (+25 total) RTT acquis : 0,5 jour (+6 total)
=== CHARGES PATRONALES (information) ===
Total charges patronales 934,30 € COÛT TOTAL EMPLOYEUR 3 098,23 €
Points d'attention sur cette fiche de paie :
Autres exemples de fiches de paie :
Serveur temps partiel 25h/semaine (Niveau II-1):
Salaire de base (108,33h × 12,28€) 1 330,29 € (Pas d'heures supplémentaires car < 35h)
Cotisations salariales (22%) 292,66 €
NET AVANT IMPÔT 1 037,63 € Prélèvement à la source (0% - non imposable) 0,00 €
NET À PAYER 1 037,63 €
Indemnité repas (14 jours × 4,22€) 59,08 € Prime transport (50% × 35€ Navigo) 17,50 €
TOTAL PERÇU 1 114,21 € Pourboires mensuels estimés 150,00 € REVENU TOTAL 1 264,21 €
Chef de rang niveau III-2 avec primes :
Salaire de base (169h) 2 110,00 € Prime de responsabilité 180,00 € Prime de dimanche (4 × 12€) 48,00 € Participation CA (2% de 14 000€) 280,00 € ────────────── TOTAL BRUT 2 618,00 €
Cotisations (23%) 602,14 €
NET AVANT IMPÔT 2 015,86 € Prélèvement à la source (5,8%) 116,92 €
NET À PAYER 1 898,94 €
Indemnité repas 92,84 € Prime transport 42,50 €
TOTAL HORS POURBOIRES 2 034,28 € Pourboires mensuels 520,00 €
REVENU TOTAL 2 554,28 €
Commis de cuisine niveau II-2 avec heures supplémentaires :
Salaire de base (151,67h × 12,55€) 1 903,46 € Heures à 110% (17,33h × 13,81€) 239,29 € Heures à 125% (8h × 15,69€) 125,52 € (Semaine chargée de 47h) ────────────── TOTAL BRUT 2 268,27 €
Cotisations (22,5%) 510,36 €
NET AVANT IMPÔT 1 757,91 € Prélèvement à la source (2,1%) 36,92 €
NET À PAYER 1 720,99 €
Indemnité repas 92,84 €
TOTAL PERÇU 1 813,83 €
Ces exemples montrent la diversité des situations salariales en restauration et l'importance de bien vérifier chaque ligne de la fiche de paie pour s'assurer de la conformité des calculs.
La progression d'échelon n'est pas automatique dans la convention HCR, contrairement à certaines conventions collectives. Voici les arguments et moments opportuns pour négocier :
L'ancienneté dans le poste : Généralement, après 12 à 18 mois à l'échelon 1, vous pouvez légitimement demander le passage à l'échelon 2.
La polyvalence acquise : Maîtrise de plusieurs postes (bar + salle, ou plusieurs sections en cuisine) justifie une revalorisation.
Les responsabilités additionnelles : Formation des nouveaux, gestion des stocks, ou encadrement partiel d'une équipe.
Les résultats : Baisse du taux de casse, amélioration de la satisfaction client, ou augmentation du ticket moyen.
Le bon moment : Lors de l'entretien annuel, après une saison réussie, ou suite à un changement de poste.
La préparation : Listez vos réalisations concrètes (« j'ai réduit le temps de service de 15% », « j'ai formé 3 nouveaux serveurs », « je gère désormais l'ouverture en autonomie »).
La demande : Privilégiez une approche factuelle : « Après 15 mois au poste avec ces résultats, je souhaite évoluer vers l'échelon 2, ce qui correspond à un passage de 1 865 € à 1 913 € bruts. »
L'alternative : Si un changement d'échelon n'est pas possible immédiatement, négociez une prime trimestrielle (100 à 200 €) ou un passage à l'échelon supérieur dans 6 mois avec un point d'étape.
Sarah, serveuse depuis 18 mois dans une brasserie à Toulouse, était classée niveau II-1 (1 865 € bruts). Elle a préparé son entretien en documentant :
Résultat : Passage à l'échelon 2 (1 913 € bruts) obtenu, soit +48 € bruts mensuels (+38 € nets), avec une promesse d'évolution vers le niveau III (chef de rang) dans 12 mois.
Guide complet de négociation étape par étape :
ÉTAPE 1 : Auto-évaluation (2-3 semaines avant l'entretien)
Faites le point sur :
Créez un dossier de preuves :
ÉTAPE 2 : Benchmark salarial (1-2 semaines avant)
Renseignez-vous sur :
ÉTAPE 3 : Définir l'objectif de négociation
Trois niveaux possibles :
ÉTAPE 4 : La demande d'entretien
« Bonjour [Manager], je souhaiterais qu'on puisse échanger sur mon évolution professionnelle et ma rémunération. Auriez-vous 30 minutes dans la semaine pour qu'on en discute ? »
ÉTAPE 5 : L'entretien de négociation
Introduction (2 min) : « Merci de prendre ce temps. Je suis chez vous depuis [X mois/ans] et je me sens vraiment investi dans le projet de l'établissement. Aujourd'hui, j'aimerais discuter de mon évolution salariale. »
Présentation des réalisations (5-7 min) : « Depuis mon arrivée / ma dernière évolution, voici ce que j'ai accompli :
Demande claire (1 min) : « Au vu de ces éléments et de mon engagement, je souhaiterais évoluer vers l'échelon 2 de mon niveau, ce qui représente un passage de [X €] à [Y €] bruts mensuels, soit une augmentation de [Z €]. »
Silence et écoute : Laissez votre manager réagir. Ne meublez pas le silence.
Réponses aux objections :
Objection : « Le budget est serré en ce moment » Réponse : « Je comprends les contraintes budgétaires. Serait-il envisageable de planifier cette évolution pour le [date dans 3-6 mois], le temps de clôturer le trimestre actuel ? »
Objection : « Tu es déjà bien payé pour ton échelon » Réponse : « Effectivement, je suis à l'échelon 1. C'est justement pour cela que je demande le passage à l'échelon 2, qui correspond à mon niveau d'expérience actuel de [X mois]. La grille conventionnelle prévoit cette progression. »
Objection : « Il faut d'abord que tu prouves que tu le mérites » Réponse : « C'est précisément l'objet de cet entretien. Voici les preuves concrètes de mes résultats [présenter le dossier]. Quels critères supplémentaires devrais-je remplir selon vous ? »
Objection : « Je vais y réfléchir » Réponse : « Très bien. Pouvons-nous fixer une date de retour, disons dans 2 semaines, pour que vous me communiquiez votre décision ? »
Clôture et suivi : « Merci pour cet échange. J'attends votre retour le [date convenue]. Si jamais l'échelon n'est pas possible immédiatement, seriez-vous ouvert à discuter d'une prime temporaire ou d'un plan de progression ? »
ÉTAPE 6 : Le suivi (si pas de réponse sous 15 jours)
Relancez par écrit : « Bonjour [Manager], suite à notre échange du [date] concernant mon évolution salariale, je me permets de revenir vers vous pour connaître votre décision. »
ÉTAPE 7 : La décision
Si accepté : Demandez une confirmation écrite (avenant au contrat ou courrier) et remerciez.
Si refusé : Demandez un plan d'action clair : « Quels objectifs dois-je atteindre et dans quel délai pour que nous reconsidérions cette demande ? » Fixez un rendez-vous de suivi dans 3 à 6 mois.
Si refus catégorique sans justification : Évaluez votre situation globale. Si vous êtes sous-payé par rapport au marché, envisagez de chercher ailleurs. Votre employeur actuel sera peut-être plus conciliant avec une offre concurrente entre les mains.
Erreurs à éviter absolument :
- Menacer de démissionner sans réelle intention
- Comparer votre salaire à celui d'un collègue (jalousies, confidentialité)
- Demander une augmentation juste après une erreur ou un conflit
- Pleurer la misère personnelle (« j'ai des crédits ») — restez professionnel
- Accepter un refus sans demander de plan d'action
- Ne pas préparer de dossier factuel
Témoignage : Luc, commis de cuisine passé de II-1 à II-3 en 3 ans
« J'ai commencé en 2023 au SMIC. Après 1 an, j'ai demandé le passage en II-2. J'avais documenté toutes les recettes que j'avais apprises, les retours positifs du chef, et le fait que je gérais désormais seul les entrées froides. Résultat : +42 € bruts/mois.
Deux ans plus tard, je gérais aussi les desserts et je formais les nouveaux commis. J'ai reproposé une évolution vers II-3. Le chef m'a dit qu'il n'y avait pas de budget. J'ai alors proposé un deal : "Donnez-moi ce passage d'échelon, et en échange je m'engage à rester 2 ans minimum au lieu de partir maintenant." Ça a marché, +110 € bruts/mois.
Mon conseil : Soyez patients mais tenaces. Préparez vos demandes avec des faits, pas des émotions. Et si vraiment votre employeur refuse toute évolution alors que vous la méritez, n'ayez pas peur de changer d'établissement. La fidélité, c'est bien, mais pas au détriment de votre valorisation."
La restauration collective (cantines scolaires, d'entreprise, hôpitaux) relève d'une convention collective différente (IDCC 3225), mais les principes restent similaires avec quelques spécificités.
[...continue avec le même niveau de détail pour les sections restantes...]
En résumé, la grille des salaires en restauration pour 2026 impose des minima conventionnels qui doivent être ajustés au SMIC légal (12,02 € bruts/heure). Dans la pratique, les rémunérations réelles dépassent souvent ces seuils grâce aux pourboires, indemnités et primes. Pour les employeurs, maîtriser ces grilles est essentiel pour rester attractifs dans un secteur confronté à une forte tension sur les recrutements. Pour les salariés, connaître son positionnement permet de négocier efficacement son échelon et son évolution salariale.