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L'étude Altares du deuxième trimestre 2026 confirme la fragilité du secteur CHR. Nos experts-comptables décryptent les signaux faibles et présentent les leviers concrets pour redresser la marge et sécuriser votre exploitation.

Le deuxième trimestre 2026 vient de confirmer ce que nos équipes observent au quotidien dans les dossiers CHR : la restauration à table demeure l'activité la plus exposée aux procédures collectives, tandis que la restauration rapide et les débits de boissons voient également leurs défaillances s'accélérer. L'étude trimestrielle du cabinet Altares chiffre à 997 le nombre de procédures ouvertes dans la restauration traditionnelle sur ce seul trimestre, en hausse de 6,4 % par rapport à 2025. Au-delà du constat, notre cabinet propose ici une lecture opérationnelle de ces défaillances et une feuille de route concrète pour éviter de basculer du côté des statistiques.
Après une brève accalmie observée début 2026 (2 101 défaillances au T1, en repli de 0,4 % sur un an), les procédures collectives repartent à la hausse. La restauration à table concentre 997 défaillances au T2 2026, la restauration rapide poursuit sa dégradation, et les débits de boissons enregistrent une progression à deux chiffres sur douze mois glissants. À l'échelle du secteur, le nombre de défaillances est aujourd'hui près de deux fois supérieur à celui du début 2022.
Ces chiffres traduisent une réalité économique que nous observons dans les liasses de nos clients : une érosion continue de la marge brute, une masse salariale qui progresse plus vite que le chiffre d'affaires et une trésorerie qui ne parvient plus à absorber les à-coups (impayés de TVA, rappels URSSAF, remboursement des Prêts Garantis par l'État). Les cas médiatisés, comme celui du groupe Baudaire (Courtepaille, La Boucherie) placé en redressement judiciaire, illustrent que même les enseignes établies ne sont pas à l'abri lorsque le pilotage financier n'est pas suffisamment resserré.
La photographie sectorielle appelle plusieurs nuances :
La défaillance n'est jamais un événement soudain. Elle est presque toujours le résultat d'un effet ciseaux qui se creuse pendant douze à vingt-quatre mois avant la déclaration de cessation des paiements. Nos experts-comptables identifient trois foyers d'origine récurrents.
Le food cost (coût matière rapporté au chiffre d'affaires HT) est le premier indicateur qui décroche. Une cible saine se situe entre 28 % et 32 % en restauration à table, 30 % à 34 % en restauration rapide. Nous voyons régulièrement des dossiers où ce ratio atteint 38 % à 42 % sans que le dirigeant s'en soit aperçu, faute d'inventaire mensuel et de fiches techniques à jour. À chaque point de food cost perdu, ce sont plusieurs milliers d'euros annuels qui disparaissent.
La convention collective HCR, les revalorisations successives du SMIC, le recours mal cadré aux extras en CDD d'usage et les heures supplémentaires non budgétées poussent le ratio de masse salariale au-delà du seuil critique de 35 % à 38 % du chiffre d'affaires HT. Au-delà de 40 %, la rentabilité devient mécaniquement compromise. Ajouté au food cost, le prime cost (matière + personnel) doit rester sous la barre des 65 % : c'est le seuil que nous surveillons chaque semaine avec nos clients CHR.
Loyer, énergie, redevances de franchise, commissions de plateformes de livraison (jusqu'à 30 % du ticket sur Uber Eats et Deliveroo) : autant de charges qui, une fois cumulées, ne laissent qu'une contribution résiduelle insuffisante pour absorber les à-coups de trésorerie et rembourser l'endettement.
Notre conviction, forgée par plusieurs centaines de dossiers CHR accompagnés, est que la défaillance se prévient par le pilotage hebdomadaire, pas par la production annuelle du bilan. Voici les indicateurs que nous instaurons systématiquement.
Nous calculons pour chaque établissement le nombre de couverts journaliers nécessaires à l'équilibre. Cet indicateur, exprimé en unités concrètes plutôt qu'en euros abstraits, transforme la lecture du dirigeant : il ne s'agit plus de « faire du chiffre » mais de sécuriser un plancher opérationnel identifié.
Une part significative des défaillances que nous accompagnons trouve son déclencheur dans un contrôle fiscal ou URSSAF mal préparé. La restauration est un secteur cible : activité à espèces, encaissements fractionnés, logiciel de caisse, marges sectorielles parfaitement connues de l'administration.
Le cadre a connu un aller-retour spectaculaire. La loi de finances 2025 avait supprimé l'auto-attestation ; l'article 125 de la loi de finances 2026 a rétabli l'attestation individuelle de l'éditeur comme mode de preuve alternatif au certificat NF525 ou LNE. Concrètement, tout restaurateur doit être en mesure de présenter, en cas de contrôle inopiné, soit un certificat émis par un organisme accrédité, soit une attestation individuelle nominative délivrée par l'éditeur du logiciel. L'absence de justificatif expose à une amende de 7 500 € par système, doublée en cas de récidive.
La ventilation entre 10 % (consommation sur place et à emporter à consommation immédiate), 5,5 % (produits alimentaires à conservation) et 20 % (alcool et certains produits spécifiques) reste la première source de redressement. Un paramétrage de caisse erroné sur les formules et menus peut générer, sur trois exercices vérifiés, un rappel de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Nous conseillons un audit annuel de la matrice TVA de la caisse.
En cas de contrôle, l'administration reconstitue le chiffre d'affaires à partir des achats matière, en appliquant un coefficient multiplicateur sectoriel, corrigé de la freinte, de la perte matière et de la consommation du personnel. Si vos ratios internes ne coïncident pas avec ceux du vérificateur, la charge de la preuve vous incombe. Nos équipes préparent en amont un dossier de cohérence caisse / banque / stock qui neutralise l'essentiel des reproches. Nous détaillons dans notre article dédié les signaux qui déclenchent un contrôle fiscal et la manière de les désamorcer.
L'exonération fiscale et sociale des pourboires versés aux salariés rémunérés jusqu'à 1,6 SMIC a été prolongée jusqu'au 31 décembre 2028. Ce dispositif, pertinent économiquement, exige une rigueur déclarative absolue en paie : traçabilité des pourboires par carte, tenue d'un registre pour les espèces, seuil de rémunération respecté mois par mois. Le sujet est également au cœur des contrôles sociaux, comme nous le développons dans notre guide dédié au contrôle URSSAF en restaurant.
Lorsque les signaux d'alerte se cumulent (baisse du CA sur trois mois consécutifs, trésorerie inférieure à un mois de charges, retards de paiement fournisseurs), une action structurée doit être engagée sans attendre.
Une défaillance n'arrive jamais par surprise pour un dirigeant qui pilote ses ratios chaque semaine. Le vrai risque n'est pas la crise conjoncturelle, mais l'absence d'instruments de bord adaptés au CHR. Dès qu'un ratio décroche pendant trois semaines consécutives, il faut agir : renégocier, restructurer, ajuster la carte, requalifier le mix de personnel. Attendre le bilan, c'est perdre douze mois d'action.
Nos équipes interviennent en expertise comptable sectorielle CHR, en commissariat aux comptes et en DAF externalisée pour les groupes multi-établissements. Nous préparons également nos clients face aux contrôles fiscaux et sociaux, à travers un dossier de conformité tenu à jour, incluant l'ensemble des pièces exigibles lors d'un avis de vérification de comptabilité.
Un food cost qui dépasse durablement 35 %, un prime cost supérieur à 68 %, une trésorerie qui descend sous un mois de charges fixes, des retards répétés de paiement fournisseurs et une baisse du ticket moyen sur trois mois consécutifs. La conjonction d'au moins deux de ces signaux doit déclencher un audit immédiat.
Lorsque l'actif disponible ne permet plus de faire face au passif exigible, le dirigeant dispose d'un délai de 45 jours pour déclarer la cessation des paiements auprès du tribunal, sauf s'il a préalablement demandé l'ouverture d'une procédure de conciliation. Passé ce délai, la responsabilité personnelle du dirigeant peut être engagée pour insuffisance d'actif.
Oui, lorsqu'il aboutit à un rappel supérieur à la capacité d'autofinancement de l'entreprise. C'est pourquoi la prévention passe par une préparation permanente : logiciel de caisse conforme, matrice TVA auditée, dossier de cohérence caisse / banque / stock tenu à jour. Le sursis de paiement et l'étalement CCSF sont des voies à activer sans délai en cas de notification.
La cession du fonds de commerce reste préférable à la fermeture tant qu'un droit au bail conserve une valeur marchande et que les ratios d'exploitation, une fois retraités, restent redressables par un repreneur. Une valorisation objective par un expert-comptable permet d'arbitrer sereinement entre cession, apport partiel d'actif ou liquidation.
Trois leviers principaux : exercer sous forme sociétaire (SAS, SARL), séparer les murs et le fonds via une SCI, et souscrire une assurance responsabilité civile du dirigeant. En amont, un audit du régime matrimonial et une revue de la structure holding sont indispensables lorsque le patrimoine professionnel dépasse 500 K€.
Les défaillances du T2 2026 rappellent une évidence : la restauration ne tolère plus l'approximation comptable. Notre cabinet accompagne exclusivement les dirigeants qui veulent piloter leur marge, sécuriser leur conformité et structurer leur patrimoine dans la durée. Un premier rendez-vous permet de poser un diagnostic chiffré de votre exploitation et d'identifier les leviers prioritaires. Nous vous invitons à contacter nos experts pour un audit de rentabilité et de conformité sur mesure.
Cet article présente un cadre général à jour à la date de publication ; chaque situation requiert une analyse personnalisée par nos experts.
Information à caractère général, non constitutive d'un conseil personnalisé.