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Depuis la réforme TVA de 2024, la facturation d'une pension de chevaux exige une ventilation précise entre pratique équestre à 5,5 % et pension simple à 20 %. Nos experts détaillent la méthode.

Depuis le 1er janvier 2024, la fiscalité indirecte de la filière équine a profondément changé. La loi de finances a réintégré au taux réduit de 5,5 % les prestations relatives à la pratique de l'équitation, tout en laissant à 20 % les prestations de pension simple, les ventes de chevaux et une part significative des locations. Or, la quasi-totalité des écuries de pension, des centres équestres et des écuries de propriétaires facturent, sur une même ligne, des prestations qui relèvent de ces deux taux. La question devient alors : comment ventiler ? Notre cabinet accompagne au quotidien des exploitations équestres confrontées à cet arbitrage, et l'expérience montre que la ventilation TVA constitue aujourd'hui le principal angle d'attaque du vérificateur en cas de contrôle.
Le taux réduit de 5,5 % s'applique, en vertu de l'article 278-0 bis du CGI, aux prestations correspondant au droit d'utilisation des installations à caractère sportif et à celles visant l'apprentissage et la pratique de l'équitation. Concrètement, dès lors qu'une prestation contribue directement à l'exercice effectif de l'équitation par le cavalier propriétaire du cheval, elle bascule au taux réduit.
À l'inverse, la simple prise en pension d'un cheval — logement, alimentation, soins courants — sans lien avec une pratique équestre organisée par la structure reste soumise au taux normal de 20 %. Le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) précise que la ventilation doit être objective, mesurable et documentée, et non résulter d'une simple répartition forfaitaire pratiquée pour convenance fiscale.
Trois familles de taux coexistent donc au sein d'une même écurie :
La difficulté tient à ce que le CGI ne fournit pas une liste exhaustive de critères. L'administration fiscale et la jurisprudence naissante retiennent plusieurs indices convergents pour reconnaître une pension liée à la pratique de l'équitation.
La frontière est donc factuelle. Deux chevaux logés dans le même box, chez le même exploitant, peuvent parfaitement relever de taux différents selon l'usage effectif que leur propriétaire en fait. C'est cette dimension casuistique qui rend la ventilation si sensible.
Une fois la qualification établie, encore faut-il traduire cette ventilation sur la facture. Trois approches sont admissibles, chacune avec ses conditions.
C'est la méthode la plus sécurisante. La facture mentionne distinctement, par exemple :
Cette présentation permet de justifier la ventilation en cas de contrôle, à condition que la répartition économique reflète la réalité des prestations rendues. Une clé de répartition manifestement déséquilibrée (par exemple 80 % à 5,5 % pour une écurie disposant d'un unique manège de petite taille) serait immédiatement contestée.
L'exploitant facture un montant global TTC mais tient, en parallèle, une documentation analytique justifiant la clé de ventilation appliquée pour la déclaration de TVA. Cette approche suppose une comptabilité analytique rigoureuse et une note méthodologique écrite décrivant la construction de la clé (surfaces, temps d'accès, coût de revient des installations sportives, etc.).
De plus en plus d'écuries que nous accompagnons refondent leur grille tarifaire en proposant des formules explicites : « pension pré », « pension box simple », « pension sportive avec accès manège », « pension compétition ». Chaque formule fait l'objet d'un tarif propre et d'un taux de TVA clairement identifié dans le contrat. Cette clarté contractuelle constitue, aujourd'hui, la meilleure protection en cas de vérification.
Plusieurs situations méritent une analyse au cas par cas. Nos experts-comptables identifient régulièrement les configurations suivantes comme sources de redressement.
La filière équine est identifiée par l'administration comme un secteur à risque en matière de TVA, notamment depuis la réforme de 2024 qui a mécaniquement augmenté l'incitation à faire basculer un maximum de chiffre d'affaires vers le taux de 5,5 %. Le contrôleur va généralement examiner plusieurs éléments avec attention.
Le risque de redressement peut être substantiel : sur trois exercices, une requalification portant sur 30 % du chiffre d'affaires d'un centre équestre facturant 500 000 € annuels représente un rappel de TVA supérieur à 65 000 €, hors intérêts de retard et majorations. Notre cabinet, spécialisé dans la gestion d'un avis de vérification de comptabilité, constate que la préparation en amont est déterminante : une documentation robuste ferme la voie aux reconstitutions extrapolées.
Nous intervenons auprès des exploitations équestres selon une méthode structurée qui articule expertise comptable, veille fiscale et préparation à la défense en contrôle.
Cette approche préventive est indissociable d'une vision patrimoniale plus large pour les propriétaires-exploitants : arbitrage entre régime micro-BA et réel simplifié, choix entre EARL, SCEA ou SAS agricole, structuration du foncier via SCI, transmission de l'exploitation. Nos experts-comptables interviennent également, pour les propriétaires patrimoniaux, sur la structuration via démembrement de titres lorsque l'immobilier d'exploitation appartient à une société civile familiale.
La réforme TVA de 2024 est une opportunité économique pour la filière : correctement appliquée, elle améliore mécaniquement la compétitivité tarifaire des prestations sportives. Elle est aussi, désormais, le principal point de vulnérabilité fiscale des exploitations équestres. Une ventilation mal construite, non documentée ou déséquilibrée expose l'exploitant à un redressement lourd, assorti de pénalités de 10 à 40 % selon la qualification retenue par l'administration.
Notre cabinet HR Associés met à votre disposition une équipe pluridisciplinaire — experts-comptables, fiscalistes, spécialistes du contrôle fiscal — dédiée aux exploitants et investisseurs de la filière équine. Nous auditons votre facturation actuelle, sécurisons vos contrats et vous accompagnons, si le contrôle survient, dans la défense de votre dossier. Prenez rendez-vous avec nos experts pour un diagnostic personnalisé de votre exposition TVA.
Cet article présente un cadre général à jour à la date de publication ; chaque situation requiert une analyse personnalisée par nos experts.
Information à caractère général, non constitutive d'un conseil personnalisé.