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Le gouvernement a présenté le 1er octobre 2026 son Projet de loi de finances pour 2027. Nos experts décryptent les mesures qui concerneront directement les dirigeants d'entreprise et leur patrimoine.

Le gouvernement a présenté en Conseil des ministres, le 1er octobre 2026, le très attendu Projet de loi de finances (PLF) pour 2027. Ce texte, qui fixe les dépenses et les recettes de l'État pour l'exercice à venir, pose les fondations d'une stratégie budgétaire ambitieuse : 43 milliards d'euros de mesures nouvelles et un effort total de redressement de 54 milliards pour ramener le déficit public à 5 % du PIB. Au-delà des grands équilibres macroéconomiques, ce PLF comporte plusieurs dispositions qui impacteront directement les dirigeants de PME, les professions libérales et les détenteurs de patrimoine. Notre cabinet vous propose un décryptage opérationnel des points à anticiper dès à présent, avant même l'adoption définitive du texte par le Parlement.
Après l'échec de la trajectoire budgétaire 2026 — un déficit attendu à 5,4 % du PIB contre une cible initialement plus ambitieuse — l'exécutif affiche une volonté de rupture. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a confirmé que l'effort reposerait principalement sur la maîtrise de la dépense publique, et non sur une hausse généralisée des prélèvements. Cette orientation est a priori favorable au tissu entrepreneurial, mais plusieurs mesures ciblées viennent nuancer ce message.
Pour les dirigeants, trois lectures sont indispensables :
Rappelons que le PLF n'est, à ce stade, qu'un projet. Il sera amendé lors de son examen parlementaire à l'automne. L'anticipation reste néanmoins cruciale, car les grandes lignes évoluent rarement sur les dispositifs touchant l'imposition des entreprises et des dirigeants.
La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises (CEBGE), instaurée pour les sociétés dont le chiffre d'affaires dépasse 1 milliard d'euros, est reconduite pour une troisième année consécutive. En 2026, elle avait rapporté 7,5 milliards d'euros aux caisses de l'État.
Nouveauté : son taux sera réduit de 30 % par rapport à sa version précédente. Cette dégressivité, promise lors de son instauration, s'inscrit dans la logique d'un retrait progressif d'un dispositif présenté comme temporaire.
À proprement parler, les PME et ETI ne sont pas directement visées par cette contribution, dont le seuil d'assujettissement reste très élevé. Cependant, nos experts observent trois effets indirects à surveiller :
Le PLF 2027 prolonge la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), créée en 2025. Ce dispositif vise à garantir une imposition minimale de 20 % des revenus pour :
Le rendement attendu par le gouvernement est de 600 millions d'euros. Pour les dirigeants concernés, l'enjeu est double : la CDHR neutralise une partie des stratégies classiques d'optimisation reposant sur la distribution de dividendes au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) à 30 %, ou sur l'utilisation de régimes dérogatoires (plus-values de cession bénéficiant d'abattements, revenus de capitaux mobiliers).
Nos experts-comptables recommandent aux dirigeants concernés de procéder, avant la clôture de l'exercice 2026, à une simulation personnalisée intégrant :
Dans certains cas, un étalement pluriannuel des distributions, ou le recours à des structures holding dûment paramétrées (régime mère-fille, intégration fiscale), permettent de lisser le revenu fiscal de référence et de rester sous les seuils d'assujettissement, dans le strict respect du cadre légal.
Le texte prévoit un prélèvement exceptionnel de 1,4 milliard d'euros sur les avoirs en déshérence déposés à la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Il s'agit notamment des sommes issues de comptes bancaires inactifs, de contrats d'assurance-vie non réclamés ou de participations oubliées, transférées à la CDC en application de la loi Eckert.
Cette mesure concerne peu les entreprises actives, mais elle rappelle l'importance d'auditer régulièrement vos comptes dormants, les contrats de capitalisation souscrits par la société et les éventuelles participations oubliées (anciens plans d'épargne entreprise, intéressements non débloqués).
Le gel du point d'indice des fonctionnaires et la limitation drastique des mesures catégorielles s'accompagnent d'une baisse nette de 1 076 emplois publics en 2027 (hors formation initiale des enseignants et loi de programmation militaire). Pour les dirigeants, ces décisions ont des répercussions sectorielles :
Le PLF 2027 prévoit le gel des aides au logement et de la prime d'activité, tandis que les minima sociaux (AAH, RSA, minimum vieillesse) seront revalorisés pour tenir compte de l'inflation. Les étudiants non boursiers paieront désormais 178 euros leur inscription en BTS et 270 euros en classes préparatoires. Les étudiants issus de familles aisées devront arbitrer entre APL et avantage fiscal lié au rattachement au foyer de leurs parents.
Pour les dirigeants, ces mesures posent une question stratégique : la demande des classes moyennes risque de rester contrainte en 2027. Les secteurs de l'e-commerce, du retail et de la restauration commerciale doivent intégrer cette donnée dans leurs prévisionnels budgétaires et leurs calculs de seuil de rentabilité.
Un PLF se lit toujours à deux niveaux : les mesures qu'il contient explicitement, et les signaux qu'il envoie sur la stratégie fiscale des années à venir. Le PLF 2027 confirme que l'administration maintient une pression soutenue sur les hauts revenus et les grandes rentabilités. Les dirigeants ont tout intérêt à auditer leurs structures avant la fin de l'exercice 2026 pour sécuriser leurs arbitrages.
Dans la perspective du vote parlementaire et de l'entrée en vigueur au 1er janvier 2027, nous recommandons à nos clients un plan d'action en cinq temps :
Lorsque les objectifs de recettes sont ambitieux, l'administration fiscale et les URSSAF renforcent mécaniquement leurs programmes de contrôle. Les secteurs historiquement surveillés — restauration, bâtiment, e-commerce, professions utilisant des espèces — restent particulièrement exposés. Nos experts constatent déjà une accélération des contrôles URSSAF dans la restauration, ainsi qu'un ciblage affiné sur les écarts entre chiffre d'affaires déclaré et TVA collectée.
La préparation en amont demeure le meilleur levier de sécurisation : fiabilisation du Fichier des Écritures Comptables (FEC), revue des avantages en nature, contrôle des DSN, documentation des flux intra-groupe. Un diagnostic préventif coûte toujours moins cher qu'un redressement.
Notre cabinet, qui intervient en expertise comptable, commissariat aux comptes et direction administrative et financière externalisée, accompagne les dirigeants de PME et les professions libérales dans la lecture opérationnelle des réformes fiscales. Dans le contexte du PLF 2027, nos équipes vous proposent :
Pour engager cette démarche, nous vous invitons à prendre rendez-vous avec l'un de nos experts. Un premier échange permet de dimensionner les enjeux propres à votre situation et de bâtir une feuille de route adaptée aux spécificités de votre secteur et de votre structuration patrimoniale.
Cet article présente un cadre général à jour à la date de publication ; le texte du PLF 2027 est susceptible d'être amendé lors de son examen parlementaire. Chaque situation requiert une analyse personnalisée par nos experts.
Information à caractère général, non constitutive d'un conseil personnalisé.